Quel statut choisir pour un freelance informatique ?
Mis à jour le 29 avril 2026 — Sources : Urssaf, BOFiP, impots.gouv.fr.
Le marché du freelance informatique en France compte plus d'un million de profils — développeurs, DevOps, data engineers, consultants ERP. Le statut juridique conditionne directement votre TJM minimum, votre protection sociale et votre capacité à facturer certains clients. En 2026, quatre options dominent : micro-entreprise, EURL, SASU et portage salarial.
Les recommandations et chiffres sont indicatifs. Votre choix dépend de votre CA, de vos charges, de vos clients et de votre horizon. Simulez sur nos outils et lisez l'avertissement fiscal.
1. Le profil type du freelance IT
- Activité : BNC (profession libérale intellectuelle)
- CA annuel fréquent : 50 000 € à 90 000 €
- Charges réelles : faibles à modérées (matériel, SaaS, formations)
- Clients : startups, ESN, grands comptes (parfois exigence de structure)
- Besoin chômage : variable selon le profil
2. Micro-entreprise : le choix par défaut
Taux BNC : 24,6 % sur le CA. Idéal pour débuter ou CA < 50 000 €.
Avantages : zéro comptabilité complexe, création en 48 h, cotisations prévisibles, ACRE disponible.
Inconvénients : plafond 77 700 €, pas de déduction des charges réelles, image « solo » parfois pénalisante, pas de chômage.
Exemple : dev à 65 000 € CA, cotisations 15 990 €, net estimé ~45 000 € après IR et frais. Voir simulateur.
3. EURL : la bascule naturelle
Quand le CA dépasse 50 000-60 000 € ou que les clients exigent une société. Gérant TNS, comptabilité réelle, charges déductibles.
Avantages : optimisation charges réelles, pas de plafond CA, crédibilité commerciale, option IS possible.
Inconvénients : cotisations TNS ~44 % du bénéfice, comptabilité (~1 500 €/an), pas de chômage.
Exemple : bénéfice 55 000 €, cotisations TNS ~24 200 €, net ~25 000 € après IR. L'EURL devient intéressante si charges > 15 000 €/an. Voir EURL IR ou IS et simulateur EURL.
4. SASU : le statut « premium »
Président assimilé-salarié : cotisations régime général (~65-80 % du net en coût total), mais protection sociale supérieure (assimilé salarié, prévoyance possible).
Avantages : dividendes optimisables (PFU 30 %), image corporate, séparation patrimoine, chômage partiel possible en cas de cessation.
Inconvénients : coût total élevé si tout en salaire, comptabilité obligatoire, formalisme accru.
Exemple : salaire net 3 000 €/mois coûte ~5 200 €/mois à la SASU. Dividendes en complément. Voir SASU salaire ou dividendes et simulateur SASU.
5. Portage salarial : la simplicité absolue
Vous facturez via une société de portage, recevez un salaire net. Coût : 5 à 10 % de frais de gestion + charges salariales.
Avantages : chômage, congés payés, mutuelle, zéro admin, ideal pour missions courtes ou transition.
Inconvénients : net souvent 20-30 % inférieur au micro/EURL à CA égal, moins d'optimisation fiscale.
Exemple : 6 000 € facturés/mois → net ~3 200-3 500 €. Voir portage salarial 2026 et simulateur portage.
6. Tableau comparatif à 70 000 € de CA
| Statut | Net estimé annuel | Chômage | Complexité |
|---|---|---|---|
| Micro BNC | ~48 000 € | Non | Faible |
| EURL IR | ~38 000 €* | Non | Moyenne |
| SASU (mix salaire/div.) | ~42 000 € | Partiel | Élevée |
| Portage | ~40 000 € | Oui | Très faible |
*EURL avec 10 000 € de charges déductibles. Chiffres indicatifs, célibataire sans enfant.
7. Recommandations par profil
Débutant (< 30 000 € CA)
Micro-entreprise + ACRE. Simple, peu risqué. ACRE 2026.
Confirmé (50 000-80 000 € CA)
Micro si charges faibles, EURL si charges élevées ou clients exigeants. Comparez sur EURL vs SASU.
Senior avec dividendes (> 80 000 € CA)
SASU avec arbitrage salaire/dividendes. Optimisation fiscale maximale.
Mission courte ou reconversion
Portage salarial. Protection sociale immédiate sans création de structure.
8. Le TJM minimum selon le statut
Pour un net mensuel cible de 3 500 € :
- Micro BNC : TJM ~350-380 € (220 jours travaillés)
- EURL : TJM ~400-430 € (charges comptables incluses)
- SASU : TJM ~420-450 €
- Portage : TJM ~450-500 € (frais de gestion)
Voir fixer son TJM.
FAQ
Un développeur doit-il obligatoirement être en BNC ?
Oui en micro-entreprise (profession libérale). En société (EURL/SASU), l'activité est aussi classée BNC au régime réel.
Les clients grands comptes acceptent-ils la micro-entreprise ?
De plus en plus oui, mais certains exigent une société (SASU/EURL) pour des raisons de conformité ou de volume.
Le portage est-il adapté au long terme ?
Possible, mais le coût cumulé sur 5 ans est significatif. Au-delà de 60 000 € CA stable, une structure propre est souvent plus rentable.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur statut pour un développeur freelance débutant ?
La micro-entreprise (auto-entrepreneur) en BNC, avec l'ACRE si éligible. Création rapide, cotisations prévisibles à 24,6 % du CA.
À partir de quel CA passer de micro à EURL ou SASU ?
Généralement entre 50 000 et 80 000 € de CA annuel, selon le niveau de charges réelles et les exigences des clients.
Le portage salarial est-il intéressant pour un consultant IT ?
Pour des missions courtes ou une transition, oui (chômage, congés). À long terme et CA stable, une structure propre est souvent 20-30 % plus rentable.
Un freelance IT est-il toujours en BNC ?
Oui pour les activités intellectuelles (dev, consulting, architecture SI). Le BIC ne s'applique que si la vente de matériel est prépondérante.