EURL ou SASU en 2026 : comparatif chiffré pour bien choisir son statut

Mis à jour le 12 mai 2026 — Sources : Urssaf, BOFiP, Service-Public Pro.

L'EURL et la SASU sont les deux structures unipersonnelles les plus utilisées par les freelances et dirigeants français quand ils dépassent le plafond de la micro-entreprise ou veulent une protection patrimoniale renforcée. Le débat « EURL ou SASU » est récurrent, mais souvent posé de façon trop schématique (« la SASU c'est plus cher en charges »). En 2026, le bon choix dépend de quatre paramètres précis : votre objectif de rémunération, votre stratégie de distribution de dividendes, votre besoin de protection sociale, et votre horizon de revente. Décortiquons.

1. Le statut social du dirigeant

C'est la différence structurelle entre les deux régimes.

  • En EURL, le gérant associé unique est travailleur non-salarié (TNS), affilié à la Sécurité sociale des Indépendants. Cotisations ~43-45 % du bénéfice (avant rémunération si l'EURL est à l'IR) ou de la rémunération (si EURL à l'IS).
  • En SASU, le président est assimilé-salarié, affilié au régime général. Les cotisations totales représentent environ 75 à 82 % du salaire net : pour 1 € de net versé au président, l'entreprise débourse environ 1,80 €.

En théorie, la SASU coûte donc plus cher. Mais cette lecture ne tient pas compte du fait que le président de SASU peut choisir de ne pas se rémunérer (ou se rémunérer au minimum), et de privilégier les dividendes.

2. La fiscalité de la société

Sur la fiscalité, les deux statuts sont alignés quand l'EURL est à l'IS :

  • 15 % d'impôt sur les sociétés sur les 42 500 premiers euros de bénéfice ;
  • 25 % au-delà.

L'EURL à l'IR fonctionne autrement : le bénéfice est imposé directement entre les mains du gérant, intégré à l'IR du foyer. Cette option peut être intéressante pour les foyers à très faible taux marginal d'imposition, mais devient pénalisante au-delà de la tranche à 30 %.

3. La fiscalité des dividendes

C'est que la SASU prend tout son sens.

  • En SASU, les dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales. Ils relèvent exclusivement de la flat tax 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux) ou de l'option pour le barème IR + 17,2 %.
  • En EURL à l'IS, les dividendes versés au gérant TNS sont soumis aux cotisations sociales TNS pour la part excédant 10 % du capital social, des primes d'émission et du compte courant d'associé. Le reste relève de la flat tax 30 % ou de l'option barème.

Pour un gérant qui distribue beaucoup de dividendes (typiquement les freelances « tech » à 800-1 200 €/jour), la SASU permet d'économiser plusieurs milliers d'euros par an par rapport à l'EURL.

4. Exemple chiffré : 120 000 € de CA et 10 000 € de frais

Bénéfice avant rémunération : 110 000 €. Comparons deux scénarios.

Scénario SASU — SMIC + dividendes

  • Salaire brut annuel SMIC : ~21 200 €
  • Salaire net : ~17 000 €
  • Coût total cotisations : ~33 000 €
  • Bénéfice après rémunération : 110 000 − 33 000 = 77 000 €
  • IS : 42 500 × 15 % + 34 500 × 25 % = 6 375 + 8 625 = 15 000 €
  • Dividendes distribuables : 62 000 €
  • Flat tax 30 % : 18 600 €
  • Net dividendes : 43 400 €
  • Total net annuel : ~60 400 € (~5 033 €/mois)

Scénario EURL IS — rémunération 40 000 € + dividendes

  • Rémunération : 40 000 €
  • Cotisations TNS ~44 % : ~17 600 €
  • Bénéfice après rémunération et cotisations : 110 000 − 40 000 − 17 600 = 52 400 €
  • IS : 42 500 × 15 % + 9 900 × 25 % = 6 375 + 2 475 = ~8 850 €
  • Résultat distribuable : ~43 550 €
  • Dividendes au-delà de 10 % du capital : flat tax 30 % + cotisations TNS sur la part imposable au-delà du seuil ≈ −13 000 € de coût total
  • IR sur 40 000 € de rémunération (célibataire) : ~5 200 €
  • Total net annuel approximatif : ~57 000 € (~4 750 €/mois)

L'écart varie de 2 000 à 5 000 € par an selon les hypothèses retenues, à l'avantage de la SASU dans ce profil. À l'inverse, si vous voulez vous verser un salaire élevé toute l'année (pour la protection sociale ou l'accès au crédit), l'EURL devient compétitive.

5. Critères de décision pratiques

  • Vous voulez une couverture sociale comme un salarié (indemnités journalières, retraite cadre) → SASU.
  • Vous comptez surtout vous verser des dividendes → SASU (économies sur cotisations dividendes).
  • Vous comptez vous verser un salaire régulier de 30 à 60 k€/an → EURL IS (cotisations TNS moins chères que les charges salariales SASU).
  • Vous lancez l'activité et n'êtes pas sûr de votre business model → EURL plus flexible (option IR au démarrage, option IS quand le résultat décolle).

Quoi qu'il en soit, posez trois scénarios chiffrés (CA prudent, central, ambitieux) avant de signer les statuts, et faites valider la simulation par un expert-comptable si vous engagez un montant significatif.

Aller plus loin

Sources officielles

Questions fréquentes

Les dividendes en SASU sont-ils soumis aux cotisations sociales ?

Non, les dividendes versés au président de SASU sont soumis uniquement à la flat tax 30 % (12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux), sans cotisations sociales. C'est l'un des grands avantages de la SASU par rapport à l'EURL à l'IS.

Quel est le taux d'IS pour une EURL ou une SASU en 2026 ?

Le taux d'IS en 2026 est de 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice annuel (sous conditions de capital détenu à 75 % par des personnes physiques), puis 25 % au-delà. Ce barème s'applique à l'identique aux EURL à l'IS et aux SASU.

L'EURL coûte-t-elle toujours moins cher que la SASU ?

Pas systématiquement. L'EURL est moins coûteuse en cotisations sur la rémunération du dirigeant (TNS plutôt que salaire), mais la SASU est plus avantageuse sur la distribution de dividendes. Le bon choix dépend de votre stratégie de rémunération.