PFU vs barème progressif sur dividendes 2026 : comment trancher selon votre TMI

Mis à jour le 12 mai 2026 — Sources : BOFiP, impots.gouv.fr.

En bref

  • Par défaut, les dividendes sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux).
  • Sur option, on peut basculer sur le barème progressif de l'IR avec abattement de 40 % sur le brut, plus 17,2 % de prélèvements sociaux.
  • L'arbitrage dépend de la tranche marginale d'imposition (TMI) du foyer : en dessous de 11 %, l'option barème est presque toujours plus avantageuse.
  • L'option pour le barème est annuelle et globale : elle s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers du foyer.

Rappel du fonctionnement

Depuis 2018, le PFU (souvent appelé « flat tax ») est le régime fiscal par défaut des dividendes versés à un associé personne physique. Le taux global de 30 % se décompose en :

  • 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu ;
  • 17,2 % au titre des prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité).

L'option pour le barème, à formuler dans la déclaration de revenus annuelle (case 2OP), conduit à intégrer les dividendes au revenu global du foyer après application d'un abattement de 40 % sur le brut. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus, mais une fraction de la CSG (6,8 %) devient déductible l'année suivante.

Méthode de décision rapide

La question à se poser est simple : votre taux marginal d'imposition (la tranche la plus élevée appliquée au dernier euro de revenu) est-il inférieur ou supérieur à un certain seuil ?

TMI du foyer Option recommandée par défaut
0 %Barème presque toujours gagnant
11 %Barème souvent gagnant (à simuler)
30 %PFU souvent gagnant, sauf cas particuliers
41 % ou 45 %PFU presque toujours gagnant

Exemple chiffré — TMI 11 %, 10 000 € de dividendes

Calcul avec PFU :

  • IR : 10 000 × 12,8 % = 1 280 €
  • Prélèvements sociaux : 10 000 × 17,2 % = 1 720 €
  • Total prélevé : 3 000 €
  • Net dividendes : 7 000 €

Calcul avec option barème (TMI 11 %) :

  • Abattement 40 % : 10 000 − 4 000 = 6 000 € imposables
  • IR au barème : 6 000 × 11 % = 660 €
  • Prélèvements sociaux : 10 000 × 17,2 % = 1 720 €
  • Total prélevé année N : 2 380 €
  • Gain barème vs PFU : 620 € (~6,2 %)
  • Économie supplémentaire en N+1 grâce à la déduction de 6,8 % de CSG : ~70 €

Exemple chiffré — TMI 30 %, 30 000 € de dividendes

PFU :

  • 30 000 × 30 % = 9 000 €
  • Net : 21 000 €

Option barème :

  • Abattement 40 % : 30 000 − 12 000 = 18 000 € imposables
  • IR au barème 30 % : 18 000 × 30 % = 5 400 €
  • Prélèvements sociaux : 30 000 × 17,2 % = 5 160 €
  • Total : 10 560 €

Dans cet exemple, le PFU est plus avantageux de 1 560 €. Mais attention : si vous bénéficiez aussi de la déductibilité de 6,8 % de CSG en N+1, l'écart se réduit d'environ 1 200 €. La décision reste favorable au PFU mais l'écart est faible.

Cas particuliers où l'option barème est intéressante

  • TMI faible (0 ou 11 %) : le barème écrase systématiquement le PFU.
  • Revenus annuels exceptionnellement bas (chômage, congé sabbatique, premier exercice d'une société) : situation favorable à l'option barème.
  • Conjoint sans revenu d'activité : effet d'abattement et tranches basses bénéfiques.
  • Dividendes très étalés sur l'année : possibilité de moduler les versements pour rester dans une TMI basse.

5 erreurs fréquentes

  1. Croire que l'option barème ne s'applique qu'aux dividendes. Elle est globale : elle s'applique à tous vos revenus de capitaux mobiliers (intérêts, plus-values mobilières, etc.).
  2. Oublier l'effet en N+1. La CSG de 6,8 % devient déductible l'année suivante, ce qui modifie l'arbitrage.
  3. Ne pas tester les deux scénarios. Les simulateurs officiels d'impots.gouv.fr permettent de comparer en quelques minutes.
  4. Cocher la case 2OP par défaut sans calcul. Ce choix n'est pas réversible une fois la déclaration validée.
  5. Oublier le prélèvement à la source de 12,8 %. Si vous optez pour le barème, le prélèvement déjà opéré est restitué partiellement via le crédit d'impôt.

FAQ détaillée

Comment opter pour le barème ?

En cochant la case 2OP dans votre déclaration annuelle de revenus, signée et envoyée avant la date limite (mai-juin). L'option est annuelle et globale.

L'abattement de 40 % s'applique-t-il à tous les dividendes ?

Oui pour les dividendes issus de sociétés soumises à l'IS françaises ou européennes. Pas pour les dividendes versés par des sociétés établies dans des États non coopératifs en matière fiscale.

Le PFU s'applique-t-il à tous les associés ?

Non, uniquement aux personnes physiques. Les associés personnes morales relèvent de l'impôt sur les sociétés et, dans certains cas, du régime mère-fille (voir notre article holding patrimoniale).

Et pour les dividendes versés à un gérant TNS d'EURL ?

Les dividendes excédant 10 % du capital social, des primes d'émission et du compte courant sont soumis aux cotisations TNS, puis au PFU ou au barème sur la part restante. Le calcul devient vite complexe.

Faut-il privilégier dividendes ou salaire en SASU ?

Voir notre article dédié SASU 2026 : arbitrage salaire vs dividendes.

Aller plus loin

Sources officielles

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le PFU sur dividendes en 2026 ?

Le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), ou flat tax, est un prélèvement global de 30 % sur les dividendes versés aux personnes physiques : 12,8 % d'IR et 17,2 % de prélèvements sociaux. C'est le régime par défaut depuis 2018.

Quand est-il intéressant d'opter pour le barème progressif ?

Principalement quand votre tranche marginale d'imposition est de 0 ou 11 %. Dans ces cas, l'abattement de 40 % combiné aux taux IR bas rend le barème plus avantageux que le PFU à 12,8 %.

L'abattement de 40 % s'applique-t-il avec le PFU ?

Non. L'abattement de 40 % ne s'applique qu'en cas d'option pour le barème progressif. Avec le PFU, le taux de 12,8 % s'applique directement sur le dividende brut.

L'option pour le barème est-elle réversible ?

L'option est annuelle (à formuler chaque année dans la déclaration de revenus via la case 2OP) et globale (s'applique à tous les revenus de capitaux mobiliers du foyer). Une fois la déclaration validée, elle est irrévocable pour l'année concernée.

Que devient la CSG en cas d'option barème ?

Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus dans tous les cas. Mais en cas d'option barème, 6,8 % de CSG deviennent déductibles du revenu global de l'année suivante, ce qui peut réduire encore l'IR.