Calcul du résultat fiscal en société 2026 : réintégrations, déductions, IS
Mis à jour le 12 mai 2026 — Sources : BOFiP, Legifrance.
En bref
- Le résultat comptable et le résultat fiscal ne sont pas identiques : il faut appliquer des réintégrations (charges non déductibles) et des déductions (produits non imposables).
- Le résultat fiscal sert de base au calcul de l'impôt sur les sociétés (IS) : 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % au-delà.
- Les principales réintégrations concernent : impôts non déductibles, amendes, certains cadeaux, fraction non déductible de dépenses somptuaires.
- Les principales déductions concernent : reprises sur provisions, plus-values long terme, dividendes mère-fille (95 %).
1. Passage du résultat comptable au résultat fiscal
Le résultat comptable (produits − charges) reflète la réalité économique de l'entreprise. Mais l'administration fiscale n'accepte pas toutes les charges comme déductibles, et exonère certains produits. Le résultat fiscal s'obtient donc par une succession d'ajustements :
Résultat fiscal = Résultat comptable + Réintégrations − Déductions
2. Principales réintégrations fiscales
- Impôt sur les sociétés : non déductible (contrairement à la TVA collectée, par exemple).
- Pénalités, amendes et majorations : non déductibles (Urssaf, fiscales, contraventions, etc.).
- Cadeaux clients au-delà de 73 € TTC par bénéficiaire (sauf exceptions).
- Charges somptuaires : véhicules de luxe (plafond AVU), résidences de plaisance, yacht, chasse.
- Provisions non justifiées ou ne respectant pas les conditions de probabilité.
- Fraction non déductible des intérêts de comptes courants d'associés excédant le taux maximal.
3. Principales déductions fiscales
- Reprises sur provisions devenues sans objet (si la provision a été imposée à sa constitution).
- Quote-part de 95 % des dividendes reçus dans le cadre du régime mère-fille (voir notre article holding patrimoniale).
- Plus-values à long terme sur cession de titres de participation (taux réduit ou exonération sous conditions).
- Aides à l'apprentissage, crédits d'impôt et autres réductions d'impôt.
4. Le taux d'IS en 2026
| Tranche de bénéfice | Taux IS 2026 |
|---|---|
| Jusqu'à 42 500 € | 15 % (sous conditions) |
| Au-delà de 42 500 € | 25 % |
Le taux réduit de 15 % est réservé aux PME respectant trois conditions cumulatives :
- CA HT inférieur à 10 M€ ;
- capital entièrement libéré ;
- capital détenu à au moins 75 % par des personnes physiques.
5. Exemple chiffré complet
Une SASU réalise les opérations suivantes en 2026 :
- Produits : 200 000 €
- Charges déductibles : 130 000 €
- Amendes Urssaf : 2 000 €
- Cadeaux clients hors plafond : 500 €
- Dividendes mère-fille reçus : 10 000 €
Calcul :
- Résultat comptable : 200 000 − 130 000 = 70 000 €
- Réintégrations : 2 000 (amendes) + 500 (cadeaux) = 2 500 €
- Déductions : 10 000 × 95 % = 9 500 €
- Résultat fiscal : 70 000 + 2 500 − 9 500 = 63 000 €
- IS : 42 500 × 15 % + 20 500 × 25 % = 6 375 + 5 125 = 11 500 €
- Résultat net comptable après IS : 70 000 − 11 500 = 58 500 €
- Taux d'IS effectif : 11 500 / 70 000 = ~16,4 %
6. Cas particuliers à connaître
- Déficits reportables : un déficit fiscal peut être imputé sur les bénéfices futurs (sans limite de temps depuis 2021), dans la limite de 1 M€ + 50 % du bénéfice au-delà de 1 M€.
- Carry-back : possibilité d'imputer un déficit sur le bénéfice de l'exercice précédent, sous conditions.
- Crédit d'impôt recherche (CIR) : déductible de l'IS, voire remboursable pour les jeunes entreprises innovantes (JEI).
- Acomptes IS : si l'IS de l'année précédente excède 3 000 €, paiement de 4 acomptes en mars, juin, septembre, décembre.
5 erreurs fréquentes
- Confondre résultat comptable et résultat fiscal. L'IS se calcule sur le résultat fiscal, pas sur le bénéfice net comptable.
- Oublier des réintégrations classiques (amendes, cadeaux hors plafond). L'administration les détecte facilement.
- Ne pas tracer les provisions : une provision non documentée est systématiquement rejetée.
- Manquer un acompte IS. Pénalité de 5 % du montant dû.
- Mal appliquer le taux réduit de 15 %. Vérifier les trois conditions (CA, capital libéré, détention par personnes physiques).
FAQ détaillée
L'IS est-il calculé sur le résultat comptable ou fiscal ?
Sur le résultat fiscal, obtenu après réintégrations et déductions. Le résultat comptable sert de point de départ.
Tous les frais professionnels sont-ils déductibles ?
Non. Certaines charges sont expressément non déductibles (amendes, IS, certains cadeaux, charges somptuaires). D'autres sont déductibles sous conditions (cadeaux ≤ 73 €, frais de représentation justifiés, etc.).
Peut-on reporter un déficit fiscal en France ?
Oui, sans limite de temps depuis 2012, dans la limite de 1 M€ + 50 % du bénéfice au-delà de 1 M€ par an. Le carry-back (imputation sur l'année précédente) est aussi possible.
Le taux réduit de 15 % s'applique-t-il à toutes les sociétés ?
Non. Trois conditions cumulatives : CA HT < 10 M€, capital entièrement libéré, capital détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.
Quand payer l'IS et ses acomptes ?
Acomptes : 15 mars, 15 juin, 15 septembre, 15 décembre. Solde : 15 du 4e mois suivant la clôture (souvent 15 mai si exercice 31/12).
Aller plus loin
Sources officielles
- BOFiP — résultat fiscal : bofip.impots.gouv.fr
- Legifrance — articles 38 et 39 CGI : legifrance.gouv.fr
- impots.gouv.fr — IS : impots.gouv.fr
- Service-Public Pro — fiscalité société : entreprendre.service-public.fr
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre résultat comptable et résultat fiscal ?
Le résultat comptable est le bénéfice net selon les normes comptables. Le résultat fiscal est obtenu après réintégrations (charges non déductibles) et déductions (produits non imposables) : il sert de base au calcul de l'IS.
Quels sont les taux d'IS en 2026 ?
15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice (sous conditions : CA HT < 10 M€, capital libéré, détention par personnes physiques à 75 %), puis 25 % au-delà.
Quels frais sont non déductibles du résultat fiscal ?
Principalement : IS, amendes et pénalités, cadeaux clients hors plafond (73 €), charges somptuaires (véhicules de luxe, résidences de plaisance), intérêts CCA excédant le taux maximal.
Peut-on imputer un déficit fiscal sur les exercices suivants ?
Oui, sans limite de temps depuis 2012, dans la limite de 1 M€ + 50 % du bénéfice au-delà de 1 M€ par an. Le carry-back (report sur l'année précédente) est aussi possible sous conditions.
Quand sont dus les acomptes d'IS ?
Les acomptes sont versés aux 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre, à condition que l'IS de l'année précédente ait dépassé 3 000 €. Le solde est versé le 15 du 4e mois suivant la clôture.