Auto-entrepreneur : combien reste-t-il après charges en 2026 ?

Mis à jour le 2 avril 2026 — Sources : Urssaf, BOFiP, impots.gouv.fr.

La question revient chaque mois sur les forums de freelances : « Avec 4 000 € de CA, combien me reste-t-il vraiment ? » En micro-entreprise, la réponse dépend de votre famille d'activité, de vos options fiscales et de charges souvent oubliées (CFE, TVA, frais bancaires). Cet article détaille la méthode de calcul et trois scénarios chiffrés pour 2026.

Les calculs ci-dessous sont indicatifs. Ils s'appuient sur les taux en vigueur au 1er avril 2026 et ne remplacent pas une simulation personnalisée ni un avis fiscal. Consultez notre avertissement fiscal et notre méthodologie de calcul.

1. La formule de base : du CA au revenu disponible

En micro-entreprise, les cotisations sociales sont calculées sur le chiffre d'affaires encaissé, pas sur un bénéfice. La chaîne de calcul est la suivante :

  1. CA encaissé (factures payées, hors TVA si vous êtes assujetti)
  2. − Cotisations sociales (taux selon la famille d'activité)
  3. − Versement libératoire (optionnel, si vous l'avez choisi)
  4. − CFE (Cotisation Foncière des Entreprises, due chaque automne)
  5. − Frais professionnels non déductibles (banque, assurance RC Pro, logiciels)
  6. = Revenu disponible estimé

Contrairement à l'EURL ou à l'EI au réel, vous ne déduisez pas vos charges d'exploitation du CA pour calculer les cotisations. Un développeur qui achète un ordinateur à 2 000 € paie ses cotisations sur l'intégralité de son CA, pas sur son bénéfice net.

2. Les taux de cotisations 2026 par activité

Famille d'activitéCotisations socialesVersement libératoire (option)
BNC (libéral : dev, consultant, coach)24,6 %2,2 %
BIC services (artisan, prestation commerciale)21,2 %1,7 %
Achat-revente, restauration, hébergement12,3 %1,0 %

Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu (VFL) est une option à la création ou au 1er janvier. Il dispense de payer l'IR sur le CA micro dans votre déclaration annuelle, mais ne s'applique que si votre revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à un plafond (environ 27 000 € pour une part de quotient familial en 2026).

3. Exemple chiffré — développeur BNC, 50 000 € de CA

Marie, développeuse freelance en BNC, encaisse 50 000 € de CA en 2026. Elle a opté pour le versement libératoire.

  • CA encaissé : 50 000 €
  • Cotisations sociales (24,6 %) : − 12 300 €
  • Versement libératoire (2,2 %) : − 1 100 €
  • CFE estimée : − 350 €
  • Frais pro (RC Pro, banque, outils) : − 1 200 €
  • Revenu disponible estimé : ~35 050 € soit ~2 920 €/mois

Sans versement libératoire, Marie aurait conservé 1 100 € de trésorerie en plus, mais aurait dû régler l'IR sur ce CA lors de sa déclaration 2027 (avec abattement forfaitaire de 34 % en BNC, soit imposition sur 33 000 € de revenu imposable micro).

4. Exemple — artisan BIC services, 30 000 € de CA

Thomas, plombier en micro-entreprise (BIC services), encaisse 30 000 € sans VFL.

  • Cotisations (21,2 %) : − 6 360 €
  • CFE : − 250 €
  • Frais matériel et déplacements : − 3 500 €
  • Revenu disponible avant IR : ~20 140 €
  • IR estimé (célibataire, abattement 50 % BIC services) : − 1 800 €
  • Net estimé : ~18 340 €

Thomas paie moins de cotisations que Marie à CA égal, mais son métier génère plus de charges d'exploitation non déductibles du calcul des cotisations — un paradoxe fréquent de la micro-entreprise.

5. Exemple — e-commerçant achat-revente, 70 000 € de CA

Sophie revend des produits en ligne (achat-revente). Taux le plus bas : 12,3 %.

  • Cotisations (12,3 %) : − 8 610 €
  • CFE : − 400 €
  • Achats marchandises et frais marketplace : − 35 000 €
  • Revenu disponible avant IR : ~25 990 €

Le taux bas de 12,3 % peut masquer une marge réelle très faible. Sophie encaisse 70 000 € mais ne « gagne » que 26 000 € avant impôt — d'où l'importance de raisonner en marge, pas en CA brut.

6. Les charges souvent oubliées

  • CFE : due par toute entreprise, même à 0 € de CA (exonération possible la première année civile d'activité).
  • TVA : si vous dépassez les seuils de franchise (37 500 € en services), vous collectez la TVA sans la garder — elle transite.
  • Compte professionnel : obligatoire depuis 2024 pour les sociétés ; recommandé fortement en micro.
  • ACRE : réduit les cotisations la première année — voir ACRE 2026.

7. Comment simuler votre situation

Utilisez notre simulateur auto-entrepreneur pour tester différents niveaux de CA, familles d'activité et options fiscales. Pour une comparaison avec d'autres statuts, consultez portage vs micro-entreprise et les limites des simulateurs.

FAQ

Le revenu disponible inclut-il l'impôt sur le revenu ?

Seulement si vous avez opté pour le versement libératoire. Sinon, l'IR est à payer séparément lors de la déclaration annuelle, avec un abattement forfaitaire (34 % en BNC, 50 % en BIC services, 71 % en achat-revente).

Peut-on déduire ses frais en micro-entreprise ?

Non, pas pour le calcul des cotisations. L'abattement forfaitaire lors de la déclaration IR compense partiellement, mais un freelance avec beaucoup de charges réelles est souvent perdant par rapport au régime réel.

À partir de quel CA la micro-entreprise devient-elle peu intéressante ?

Il n'y a pas de seuil universel. En BNC, beaucoup d'experts situent le point de bascule entre 40 000 € et 60 000 € de CA selon le niveau de charges réelles. Au-delà de 77 700 €, vous sortez du régime.

La CFE est-elle déductible ?

En micro-entreprise, non — elle est payée en plus. En EURL ou SASU, elle est une charge déductible du résultat.

Sources complémentaires : sources fiscalité 2026.

Questions fréquentes

Combien reste-t-il après charges pour un auto-entrepreneur BNC à 50 000 € de CA ?

Avec 50 000 € de CA en BNC (taux 24,6 %), les cotisations représentent 12 300 €. Après CFE et frais, le revenu disponible est d'environ 35 000 € avec versement libératoire, hors options ACRE.

Les cotisations auto-entrepreneur sont-elles calculées sur le bénéfice ?

Non, elles sont calculées sur le chiffre d'affaires encaissé, sans déduction des charges d'exploitation. C'est la principale différence avec l'EI ou l'EURL au régime réel.

Le versement libératoire réduit-il le revenu disponible ?

Oui, il ajoute 1,7 % à 2,2 % de prélèvement sur le CA selon l'activité, mais dispense de payer l'IR séparément sur ce revenu micro.

Quelles charges oublie-t-on souvent en micro-entreprise ?

La CFE (200 à 2 000 € selon la commune), la TVA si assujetti, l'assurance RC Pro, les frais bancaires et les cotisations URSSAF régularisées en N+1.